20/01 Mise à jour d’urgence – Le siège du gouvernement syrien sur les territoires kurdes fait risquer un effondrement total du système des prisons de combattants d’ISIS

Principaux développements
• L’armée syrienne progresse rapidement dans le Nord et l’Est de la Syrie tandis que les Forces de Défense Syriennes (FDS) se retirent des villes à majorité arabe de Tabqa, Raqqa et Deir ez-Zor
• Les villes syriennes à majorité kurde sont assiégées et subissent une offensive de factions contrôlées par le gouvernement, connues pour leurs activités djihadistes, leurs violations des droits de l’homme et leurs crimes de guerre
• L’accord de cessez-le-feu du 20 janvier, récemment annoncé, ouvre la voie à un dialogue de dernière minute, mais les Kurdes craignent que Damas ne le rompe
• Des factions au sein de l’armée syrienne (SAA) poursuivent leurs attaques dans le sud de Kobané et la campagne de Heseke après le cessez-le-feu. En réponse, les Kurdes lancent une mobilisation populaire et les civils affluent pour se préparer à défendre leurs régions contre une offensive attendue de l’armée syrienne (SAA)
• Les centres de détention de l’EI échappent au contrôle des FDS, et l’offensive du gouvernement syrien provoque des flambées de violence qui constituent un risque pour la sécurité mondiale
Perspectives de cessez-le-feu : une fenêtre de quatre jours
• Le dernier cessez-le-feu du 20 janvier donne quatre jours aux FDS pour proposer un mécanisme concret d’intégration des zones à majorité kurde au sein de l’État central. Les FDS ont réaffirmé leur «plein engagement» envers cet accord, qui prévoit le maintien des forces gouvernementales syriennes en dehors des centres urbains kurdes
• Alors que les régions kurdes se mobilisent, les civils s’arment pour se défendre contre l’Armée Arabe Syrienne (SAA). Nalin, une habitante de 53 ans, a déclaré à RIC : « Oui, nous sommes des civil.es, mais nous n’avons plus le choix : nous devons nous armer. Si les factions de Damas et les milices extrémistes pénètrent chez nous, nous serons exterminé.es. »
• Un précédent plan de cessez-le-feu, annoncé le 18 janvier, n’a jamais été mis en œuvre selon Fowza Yousef, responsable politique kurde, cela s’explique par les pressions exercées par Damas pour le démantèlement total de toutes les institutions civiles et militaires dans les régions kurdes
• Lors d’une conférence de presse mardi après-midi, Elham Ahmed, haut responsable kurde, a confirmé que « les forces de la coalition internationale ne sont, à ce jour, pas intervenues militairement »
Kobane encerclée et assiégée
• Des affrontements et des frappes aériennes se poursuivent dans la campagne sud de Kobane, ville connue pour la victoire des forces kurdes sur Daech en 2015, notamment dans les régions de Sarrin, Qara Qozak et Jabaliyah
• Kobane est désormais coupée de la région de Jazira, dans le nord-est du pays. L’électricité et l’eau sont coupées, et les réserves de nourriture et d’eau s’épuisent, plongeant des centaines de milliers de personnes dans une grave crise humanitaire
Des factions de l’armée syrienne se filment en train de commettre des exactions
• Les allégations d’exactions commises par les forces de l’armée syrienne se multiplient. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux semblent montrer des combattant.es des FDS capturé.es, humilié.es, battu.es et exécuté.es
• Les FDS ont directement accusé des factions gouvernementales de procéder à des décapitations, en publiant une vidéo montrant apparemment des soldats de l’armée syrienne exhibant des combattant.es des FDS décapité.es
• La composition de l’armée syrienne actuelle incluant des factions djihadistes extrémistes ayant des liens passés ou présents avec Al-Qaïda et l’EI, les Kurdes du nord de la Syrie craignent d’être victimes de massacres
• L’inquiétude s’est accrue lorsqu’un responsable syrien a appelé à célébrer les « conquêtes et victoires » – une expression utilisée pour justifier des actions militaires contre les « mécréants » selon certaines interprétations de la loi islamique – en citant le verset six de la sourate Anfal, étroitement associée à la campagne génocidaire d’Anfal de 1988 menée par l’ancien gouvernement irakien
Des prisonniers de l’EI s’évadent de centres de détention
• Les FDS étaient auparavant responsables de la détention de plus de 10 000 membres présumés de l’EI, dont 2 000 combattants étrangers. La plupart sont désormais aux mains de Damas, et des images diffusées sur RIC montrent des forces affiliées à Damas libérant des détenus de l’EI
• Un nombre indéterminé de combattants se sont évadés. Les FDS ont affirmé que 1 500 combattants de l’EI (dont des ressortissants étrangers) avaient été libérés de la prison d’al-Shaddadi lors de sa prise par l’armée syrienne
• Les réseaux en ligne pro-EI incitent les sympathisants et les milices tribales à organiser davantage d’évasions
• Les FDS ont dû se retirer du camp d’al-Hol, qui détient des milliers de femmes étrangères radicalisées
• Des combattants de l’armée syrienne ont diffusé des vidéos en direct montrant la clôture du camp d’al-Hol franchie à plusieurs endroits
• Les inquiétudes concernant la sécurité à la frontière syro-irakienne s’accroissent donc au sein de la population yézidie de Sinjar (Irak), car des auteurs de génocide et de violences sexuelles figurent parmi les militants de l’EI qui se sont évadés de prison en Syrie
• À al-Aqtan, dans le district de Raqqa, un petit groupe de combattants des FDS est encerclé depuis trois jours, privé d’eau et de nourriture, sous le feu continu de l’armée syrienne. On estime à 2 000 le nombre de membres de l’EI qui tentent de s’évader de la prison, et plusieurs combattants des FDS ont été tués. Les FDS négocient leur évacuation avec les forces de la Coalition.
Face à la détérioration rapide de la situation sécuritaire et humanitaire, la population a réagi avec détermination
• Le RIC s’est entretenu avec des civils sur le terrain dans les régions kurdes, où d’intenses préparatifs défensifs sont en cours depuis lundi soir
• Les civils se sont mobilisés dans les rues. Diyar, un étudiant yézidi, a déclaré au RIC : « Le moral est très bon. Nous sommes Kurdes, un point c’est tout. Nous ne laisserons personne nous tuer. »
• Les Forces de défense civiles locales (FDC), responsables de la sécurité de proximité, ont supervisé la construction de barricades défensives
• Des Kurdes d’autres régions du Kurdistan se dirigent en masse vers le Rojava, tentant de franchir la frontière pour rejoindre Kobané, Qamichlo et Derik
• À la frontière syro-turque entre Qamichlo et Nusaybin, des Kurdes venus de Turquie ont tenté de forcer le passage en Syrie. Des tirs à balles réelles des gardes-frontières turcs ont fait des blessés
• À Qamichlo, les réserves d’eau s’épuisent et des civils signalent être privés d’eau courante depuis plusieurs jours
• À Qamichlo et Heseke, des milliers de personnes déplacées kurdes sont hébergées dans des écoles, des parcs et des camps après avoir fui l’avancée de l’armée syrienne
RIC est sur le terrain dans le nord-est du Kurdistan et peut fournir des commentaires, des photos et des vidéos, ainsi que des contacts avec des représentants politiques, des civils, des personnes déplacées et du personnel humanitaire. Contactez-nous par e-mail : [email protected] ou sur WhatsApp ou Signal : +963 992 461 683.

Les personnes déplacées à l’intérieur de l’intérieur de Tabqa atteignent Qamishlo
21 janvier 2026

